J’ai été assez fier de recevoir ma carte du Parti Pirate, il y a 6 mois. A l’époque, il sortait d’une belle victoire au législative, gagnant en visibilité, et ma volonté de m’y investir était grandissante. Je pensais qu’il changerait les choses, qu’enfin le monde avançait, et que nous pourrions passer à autre chose.
Mais voilà : il est clair et net que je ne renouvellerai pas ma carte au Parti, car celui-ci m’a déçu.

Je ne vais utiliser qu’un exemple pour illustrer ce qui me pousse à ce choix : sa prise de position concernant le « mariage pour tous ».
Ce n’est pas la position du Parti Pirate qui me dérange : à mes yeux, ce sujet de société n’est pas important et ne me concerne pas. Ce qui me dérange, c’est la prise de position. Car mes yeux, ce n’est pas le rôle du Parti Pirate Français.
A l’époque où je me suis lancé dans l’aventure du PP, j’ai été séduit par le côté « hors système » de celui-ci. Ne pas s’aligner sur l’échiquier politique, proposer une nouvelle forme de société, d’organisation, une nouvelle démocratie. Déçu de voir que tous les partis politiques français ne débattaient plus sur la société, mais pinaillaient sur le bien ou le mal sans proposer de changement profond, je me suis tourné vers ce petit nouveau, porteur d’espoir et de changement.

Aujourd’hui, je suis déçu, parce que le Parti Pirate a pris position et s’est abaissé au niveau des autres partis français. Je suis déçu parce qu’ils ne respectent plus l’idée de démocratie qu’ils proposaient alors -une démocratie plus directe, plus liquide-, mais se sont alignés sur les organisations classiques : « mon parti est pour ça, ça et ça, et contre ça, ça, et ça ».
Dans ma tête, le Parti Pirate allait permettre autre chose. Il n’était pas là pour prendre les décisions, mais pour donner voix à tous les citoyens, directement. Il n’était pas là pour voter en interne et choisir une mesure qu’il imposerait à tous, mais pour laisser les décisions au peuple et mettre en place le système leur permettant de prendre cette décision.

Le Parti Pirate ne devait pas faire de choix pour ses adhérents. Il ne devait pas débattre en interne et indiquer au monde « Hey, on est pour ça! ». Il devait construire le système de demain, le mettre en place, et laisser ensuite le peuple Français choisir son destin.
Mais il semblerai que le Parti Pirate ai oublié. Qu’il soit rentré dans le moule et se soit aligné sur les autres. Qu’il ai été plus loin qu’il ne pensait aller, porté par l’humanité de ses membres, non exempts d’erreurs.
Je suis déçu par le Parti Pirate, car je pensais qu’il piraterait la démocratie. Mais la démocratie a piraté le Parti Pirate, et je trouve ça bien dommage.
Ce sont pour les mêmes raisons que je n’ai pas pris ma carte… Dommage
De mémoire, il me semble que le parti pirate n’est pas pour le mariage gay mais qu’il s’agit d’un point compatible, ce qui est bien différent dans le système du parti… enfin je crois (n’en n’étant pas moi même)
En précisant quand même que le Parti Pirate n’a pas sorti l’idée de son tricorne magique, cf les points 09, 10 et 11 discutés et votés lors de l’AG de 2011
J’étais déjà adhérent « à cette époque » donc je me rappelais que les adhérents s’étaient exprimés là dessus (mots clé tout ça), rendant ces points compatibles avec l’idéologie du PP, mais malheureusement faire des recherches d’antériorité est ardu et je remercie Google de farfouiller dans les fichiers ODT alors postés sur le forum en complément de la liasse mail préalable à l’AG. Au moins pour la doc de l’AG 2012, c’est tout bien dans le wiki.
Bref je suis d’avis que le Parti Pirate a bien sûr saisi l’opportunité du débat politico-médiatique actuel pour rappeler cette mesure, mais en même temps je la trouve plus intéressante encore que tous les trucs agités par les autres partis: la redéfinition du statut de la famille ET l’interdiction du fichage du sexe, choses quand même bien plus fondamentales que tout ce qu’on a vu débattu ces dernières semaines. Alors oui dans l’article les rédacteurs sont restés plutôt superficiels afin d’être bien compris, mais je crois que le PP est dans son rôle
Liens utiles:
http://cap.partipirate.org/pubarch/2011-10-16-ag/sources/05-annexe_10-programme.odt
http://wiki.partipirate.org/wiki/Ag_2012
Effectivement, avancer l’interdiction du fichage du sexe est une mesure originale, mais là-encore, elle peut être sujette à controverse, non ? Pourquoi, alors l’adopter ?
Sur le mariage pour tous, les positions débattues sont très différentes de celles des autres partis, nous sommes plus sur la réflexion fondamentale que le « mon partis est pour ça ». Le sujet du mariage pour tous découle de la problématique « Quelles doivent être les relations entre l’état et le sexe des citoyens? » qui est une question de première importance. Même si cette question est rapproché des mesures des autres partis, la réflexion est à mon sens bien différente.
Lien vers les initiatives liquid feedback : http://demliq.partipirate.org/issue/show/61.html
(Ce sont des initiatives de membres pas des prises de positions, mais elles pourront aboutir à des prises de positions)
Merci pour ces précisions !
Il est important de préciser plus clairement, alors, que le parti présente une réflexion et non plus prise de position, non ?
Mais non revient !
Oui on s’engueule, oui on est pas d’accord sur tout, oui je suis pour le mariage homo, mais je prends avec intérêt l’avis des pirates qui sont contre, oui je m’en remets, si besoin est, au vote démocratique pour que les choix soient pris, oui c’est exceptionnel de pouvoir débattre en live et participer à la construction d’un monde meilleur, oui la démocratie liquide n’en est qu’à ces balbutiements,
Mais il est certain que c’est bien le Parti Pirate qui est le plus en avance sur tous ses sujets !
Alors Mec normal, ne soit pas normal sur tout, et revient avec nous stp !
J’espère bien que mon message sera entendu et que je n’aurais pas à en arriver à ces extrémités
peut etre que ce qui n’allait deja pas c’est de se dire pirate et avoir un/des chefs…
meme si cela n’est pas nouveau sur cette planete, meme pirate!
presidents, délégués, chefferie… toussa, deja c’est bien mal barré!
pourquoi? a quoi bon?
vouloir « faire société » est deja sans doute un irremidiable echec en germe!
d’autre voies sont heureusement possible, oules decisions se prennent bien plus serieusement qu’avec des votes, meme un peut liquidements ameliorés!
qques premiers petits exemples en giyffant ou via :
http://rencontres3.free.fr/consensus.htm
et meme toute la section /ccc aussi la brochure d’infokiosques.net et tant d’autres « les chefs ont toujours tort, toujours! »
bonne vie en atendant d’accoster, ou de faire advenir des mondes « meilleurs »!
Merci de ton commentaire, ton lien est très intéressant et mérite d’être lu!
« être pirate » … tout un poème … « être » tout court? Pas facile dans une société dont l’essence est basée sur « l’avoir ».
Petite parenthèse : j’utilise beaucoup les guillemets pour encourager à « l’ouverture » concernant les termes utilisés.
Au delà de la piraterie ou de la démocratie, il y a les questionnements sur le paradigme de société recherché, son évolution et l’autoévaluation de ses conséquences sur tout (un peu comme un écosystème).
Pour moi l’erreur est dans le « parti ». Être un parti c’est déjà être comme un autre parti et c’est directement l’expression de l’influence « perverse » de la pseudo démocratie actuelle (ne nous voilons plus la face sur le rôle des lobby dans la rédaction de la législation) et du vote comme outil décisionnel. Quelle « valeur » à un vote?
Les pirates devraient rester des hackers et hacker non seulement les systèmes, les formats, les standards, les normes, les habitudes … mais surtout PIRATER LES GENS au lieu de vouloir pirater « la démocratie » dont ont connaît la soumission à la « société de l’avoir ».
Ce que le pirate et donc le « parti pirate » oublie (voir refuse parfois) c’est son essence anarchiste et PIRATER LES GENS … c’est lever le voile de la servitude volontaire (http://tiny.cc/8cqjsw). Quand je dis PIRATER LES GENS, je ne parle pas de leur compte mail ou de leur carte de crédit … je parle de transmission et d’enseignement d’une vision que nous avons sur les RESPONSABILITÉS INDIVIDUELLES QUI INCOMBENT A TOUT UN(E) CHACUN(E) DANS UNE SOCIÉTÉ et qui plus est une société vivant à l’ère numérique. C’est tout un programme … qui n’a rien de politique et qui devrait s’inscrire dans l’extension des efforts d’enseignement aux pratiques et outils de la société de l’information.
En gros, le MOUVEMENT pirate … ça devrait être juste :
- des pirates beer…
- des hacker spaces…
- des linux party…
- L’ACCOMPAGNEMENT DES PROJETS PÉDAGOGIQUES EXPLOITANT LES OUTILS NUMÉRIQUES (comme les « cybers-écoles » et SURTOUT les Espaces Publiques Numériques).
Les effets/conséquences suivront « naturellement » dans les générations futures…. rien à foutre de la « politique » ou de la « démocratie » … ce qui incombe c’est que le logiciel propriétaire est une prison pour l’esprit et qu’il fait « croire en la société de l’avoir » au travers d’outils dématérialisés
… un mythe selon moi qu’il nous faut confronter à la société de « l’être » dans laquelle « l’avoir » se partage, et pas toujours au travers d’un acte commercial monnayable, ce partage étant grandement facilité par l’avènement de l’ère de l’information.
Le fait d’en faire un parti comme en Suède, offre entre autre et par exemple une sorte « d’immunité diplomatique » aux serveurs de The Pirate Bay. Maintenant, l’un n’empêche pas l’autre dans le sens où le MOUVEMENT PIRATE est selon moi « la base », et le PARTI PIRATE sa « représentation légale ». Évidemment, le parti pirate sera influencé par le virus de la hiérarchie de part la nécessaire soumission à la législation et les responsabilités légales qui en résulteraient.
Nous avons une vision organisée de la démocratie et nous inscrivons donc la « piraterie » dans des idéologies et des pratiques qui reflètent cette essence structurante alors que la « véritable démocratie » est complètement anarchique, ce qui selon moi NE VA PAS A L’ENCONTRE de l’apparition de l’ordre. Anarchie ne veut pas dire « chaos perpétuel » … anarchie veut dire « questionnement de l’autorité et de la soumission » ce qui n’empêche par la responsabilisation. La société de l’avoir est selon moi une société qui déresponsabilise les gens… c’est pas moi c’est l’autre (personne, truc, machin,… et c’est mon assurance qui paiera les dégâts).
Nous cherchons à faire fonctionner la démocratie en la piratant tout en étant confronté au règles du jeu (la Loi) … alors que ce sont elles qu’il nous faut transformer. Et selon moi, en tant qu’homme ou femme, si on souhaite « modifier » la Loi … il ne nous reste que le fait de l’ignorer ou de le faire « à notre manière » et en notre « âme et conscience » … en toute autonomie sans pour autant négliger les conséquences de nos actes et de nos choix sur notre environnement au sens large. Nous ne devenons pas pour autant des voleurs, meurtriers et autres monstre d’ego. Mais dans notre société « moderne » la Loi est écrite par les dominants (élites) et reflète donc une hiérarchisation de l’organigramme humain au lieu d’une mise en relation à l’autre et à l’environnement. Selon moi (encore
) trop de Loi tue la Loi et je pense que c’est ce qui se passe et quand on voit que la Loi « coûte cher » … je vous laisse imaginer « qui » sait se la payer et « ils » sont très probablement « inspirés » par l’idéologie des Lumières. Mais voilà, la vie c’est l’ombre ET la lumière et il n’y en a pas un « mieux » que l’autre.
Un simple concept comme « ma liberté s’arrête où commence celle des autre » peut tout à fait s’inscrire dans une société anarchique ET organisée. D’autres « valeurs humaines » peuvent probablement suffire pour fonctionner ensemble mais encore une fois … dans le souhait de quel paradigme pour l’humanité? Celui de l’être ou de l’avoir? Ce n’est qu’une dualité caricaturale qui je l’espère nous permettra « d’élever » les réflexions et peut-être les actions qui en découleraient.
Les pirates sont des rebelles et la rébellion contre un système qui est perçu par les rebelles eux même (eux seuls?) comme étant un système « problématique » devraient justement laisser cette rébellion en dehors du système (le principe de l’observateur « extérieur ») … mais le système démocratique à « prévu cela » en inventant la hiérarchisation politique articulée autour de thèmes (ecolo, socialo, libéro, …) et le principe de « l’opposition ».
Dans une société richissime (hum hum :/) et impérialiste (=qui cherche à s’imposer) comme les états-unis, l’articulation démocratique est maintenue (un peu comme en France) dans la dualité républicains/démocrates et cela suffit à « entretenir le mythe démocratique ». En ce qui me concerne je pense que cette vision étroite du débat se répand de part le monde et comme je viens de l’écrire crée une étroitesse dans le débat et sert de terreau au conflit en minimisant l’existence, l’utilité et l’importance du consensus.
La vie c’est la diversité et la diversité c’est l’échange.
La vie c’est l’information, tout système qui tend à prendre contrôle de l’information tend à prendre le contrôle de la vie. Quel consensus possible entre contrôle et liberté? Selon moi le consensus est un processus dont l’essence est la volonté décisionnelle et non la recherche d’une prise de décision. Cela s’inscrit mieux dans une société de l’être que dans une société de l’avoir.
Perpétuons donc le mouvement pirate sans pour autant nous soucier de sa dimension politique et forcément hiérarchique.
Ahoy!
Ouah, merci pour ce commentaire ! L’esprit Pirate, je pense, a déjà planté sa graine dans la société, et elle ne risque pas de se laisser étouffée.
De nada mais la rébellion s’essouffle ou se durcit au risque de ternir sa propre image.
Je crains (même si la peur n’est pas bonne conseillère) que les partis pirates et leur mise à distance du symbole de « leader » et l’absence de « programme » (un comble en informatique
) ne deviennent que la risée de la junte politique au détriment de l’image de liberté, de partage et d’échange que le mouvement pirate cherche à véhiculer.
Un acte fort et totalement pirate selon moi serait de « sortir de la politique » pour « s’introduire dans l’éducation », le tout avec une communication unifiée de part l’Europe (au moins), soutenue, simple et permanente.
On oublie parfois aussi que c’est une guerre qui a lieu. Sans armes à feu, char ou drones, mais à coup de brevets, de lois, d’information et de désinformation.
Tant que j’y suis, serait-il possible de corriger le dernier paragraphe de mon post précédent comme ceci :
Selon moi le consensus est un processus dont l’essence est la volonté décisionnelle et non la recherche –> d’une « prise » <– de décision.
En te remerciant ^^
Ahoy!
C’est fait
Ca rejoins d’ailleurs l’idée qui veut qu’aujourd’hui la politique n’oppose plus des idéologies, mais des débats de bien et de mal. C’est triste, car ça provoque l’immobilisme politique.
Merci pour la correction et tout le reste aussi d’ailleurs ^^
Le principe d’un parti, c’est de prendre position sur tous les sujets importants, économie, société…
Si ne veut pas prendre position sur ces sujets, et uniquement faire une réforme sur un point précis, une association est un format plus adapté.
Par exemple, Amnesty international ou AIDES ne se présentent pas aux élections, mais militent bien sur des points précis.
Je ne suis pas d’accord avec toi. Si c’est effectivement l’objectif d’un parti classique que de prendre position, ce n’est pas ce pour quoi le PP a été créé. J’ai vu le PP comme une occasion de remplacer le système, de développer un fonctionnement parallèle qui finirai à terme par remplacer le précédent. Au final, je vois que le PP s’aligne sur les autres partis, s’éloignant par la de son rôle d’origine…